Les petits voyageurs

Ascension vers la Terre Plate

17:08, samedi 30 juin 2012, Tanah Rata .. Publié dans Malaisie .. Lien
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A 11 heures nous grimpons à bord du bus Kinto Express qui doit nous emmener à Tanah Rata dans les Cameron Highlands. Encore un vieux coucou qui nous promet une ballade sympathique. A bord, une majorité de touristes, une fois n'est pas coutume. Nous parlons avec une famille de hollandais qui redescend la côte ouest vers le sud. Ils nous rassurent quant à la météo qui nous joue des tours depuis le début de la semaine.

- Here we go ! Nous lance leur petite fille au démarrage du bus.

En s'éloignant du centre ville, les shophouses laissent place à de petits immeubles assez délabrés. De grandes enseignes en chinois signalent les magasins ou font la publicité de grandes marques internationales. Je ne saurai pas vraiment dire pourquoi, mais le désordre qui règne dans les villes de ce pays me plaît, peu être parce que ces bourgades grouillent de vie. Même si rien n'y est vraiment beau et qu'il est parfois difficile d'y rester, parcourir les villes de ce pays est pour moi un incontournable dans notre voyage. On y voit le pays tel qu'il semble être aujourd'hui, une vie moderne face à la tradition et au folklore. Partir ce n'est pas simplement voir de beaux paysages, aller à la plage ou visiter des monuments. C'est aussi chercher à ressentir un peu de ce qu'est la vie du pays, même si je l'avoue, cela reste difficile, surtout en trois semaines.
A la sortie d'Ipoh, des reliefs rocailleux se forment en bord de route. Des collines couvertes de forêt tropicale laissent apparaître des grandes falaises et des grottes abritant pour certaines de petits temples. Un atelier de sculpture s'est installé au pied de l'une d'entre elles. Les statues de pierres qui y sont taillées représentent des animaux ou des divinités et doivent certainement être destinées à orner monuments ou autres lieux de culte.

Nous quittons la route principale à travers la campagne, tout autour de nous des collines, des falaises, des pitons. De nombreuses carrières exploitent cette ressource, pour le marbre notamment, comme l'indiquent les nombreux panneaux en bord de route.
Le bus quitte la plaine et commence l'ascension vers Tanah Rata à environ 1500 mètres d'altitude. Dans les côtes, le bus ne doit pas dépasser les quarante kilomètres par heure. Construite au début du XXème siècle par les anglais, la route qui mène aux Cameron Highlands serpente à travers la jungle gigantesque et verdoyante. A certains endroits, la roche est recouverte d'un enduit couleur goudron pour permettre à l'eau de s'écouler et éviter ainsi les glissements de terrain Le paysage prend alors des allures quasi martienne. Le soleil qui nous accompagnait depuis ce matin nous fait peu à peu faux bond. Sur 40 kilomètres, la route monte et ondule entre une flore éléphantesque coiffée de brume et des précipices abruptes tombant dans d’intrigantes vallées encaissées. « Elle se tortille le long de falaises embroussaillées de bananiers sauvages, de bambous, de frondaisons palmées et digitées... »1 En bord de route, de petites cahutes en bois offrent une halte aux voyageurs rejoignant les sommets.
Plus haut, la forêt a été défrichée sur des kilomètres pour laisser place à des exploitations maraîchères où se cultivent, sous serre, légumes, plantes et même fraises, apparemment une spécialité du coin. On est venus essentiellement pour admirer les plantations de thés, mais pour le moment je n'en vois aucune.
 
 
Les premières localités que nous croisons ne donnent pas vraiment envie. Brinchang ressemble à une station de ski, du style de celles qu'on construisait dans les années soixante ou soixante-dix. Témoignant de la forte présence chinoise, les panneaux et enseignes sont écrits en sinogrammes. A Tanah Rata l'ambiance est un peu la même, en moins bétonnée. Les Cameron Highlands sont pourtant décrites comme l'une des étapes incontournables de l'Asie du Sud-est. L'attrait trop grandissant des voyageurs pour l'endroit explique peut être ce développement anarchique. Pour nous le charme n'y est pas, sauf peut être notre pension, une des grandes demeures datant de l'époque coloniale qui rappelle les fermes des campagnes normandes ou anglaises. Ici on peut déguster du thé bien sûr, mais surtout des scones ! En même temps, rien d'étonnant, cette station d'altitude a été créée de toute pièce par des anglais. Nos hôtes, Monsieur et Madame Velu, un couple d'indiens d'une soixantaine d'année, travaillent à Tanah Rata depuis 25 ans dans une pension à l'ambiance familiale. Ils nous installent dans une petite chambre au dernier étage de la maison.

Au Rosedale Bistrot nous goûtons les « Steamboats », présentés comme des concurrents directs de la fondue savoyarde ! Les plateaux portés par le serveur sont appétissant, la table est bien garnie ! Poissons, coquillages, poulet, crabe, sèche, tofu, raviolis, beignets,... On ne sait pas vraiment quoi faire de tout cela. Nous essayons de voir comment se débrouille la table d'à côté. Apparemment ce n'est pas mieux, eux aussi en mettent partout.

Pour digérer, et malgré la pluie, j'arrive à motiver Brice et Elsa pour une ballade dans la jungle. Nous revêtons des habits de pluie achetés à la va vite dans un bazar chinois qui ressemblent à s'y méprendre à des sacs poubelles. N'étant pas de grands marcheurs, nous optons pour l'itinéraire le plus facile, celui qui longe les cascades Robinson. A la sortie du village, un sentier pavé débute près d'une maisonnette en bois et de son potager de choux. La promenade est impressionnante, la forêt et les plantes sont gigantesques. Brice paraît minuscule à côté de ce qui ressemble à un bananier et qui n'est pourtant pas vraiment le plus grand arbre de cette forêt. Sur les bords du chemin, on trouve toutes sortes de fougères, mais qui n'ont pas tout à fait la même taille que celles que nous connaissons. Je pensais croiser en forêt bestioles et serpents, mais il n'y à pas grand chose ici, ou alors ils se cachent bien.
 
Après une petite heure de marche, nous rentrons nous mettre au chaud dans notre chambre. Ce soir, nous sommes trop fatigués pour faire quoi que ce soit. Je pars chercher des menus à emporter chez Mary Brown. Nous finirons la soirée sur les lits avec quelques jeux de société.
 
Cette nuit a été particulièrement difficile. Pour la première fois depuis le départ, nous avons eu froid. La température est descendue aux alentours des 10°C. Dans la chambre, pas de chauffage, et question isolation, ce n'était pas terrible non plus. Dès le matin, direction la réception de la pension pour demander des couvertures supplémentaires.
Nous devions participer à un circuit organisé pour découvrir le coin, mais vu le temps (il pleut, encore et encore !) nous préférons annuler et nous débrouiller par nous même. A la gare routière, nous montons dans un taxi qui nous conduit à la plantation de thé Boh, crée par J.A. Russel au début du siècle. Sur le chemin qui descend aux plantations, notre chauffeur fait encore ici office de guide. Il nous explique que ces plants de thé ont 80 ans et que si on ne les taillait pas régulièrement, ils pourraient faire jusqu'à deux ou trois mètres de haut. En descendant la petite route, j'ai vraiment l'impression d'être sur un petit chemin qui serpente au milieu des vignes. Au loin, le temple hindou du petit village abritant les ouvriers de la plantation rappelle un clocher, je crois être dans le vignoble alsacien...
 
 
Le chauffeur de taxi s'est occupé de tout, nous avons le droit à une petite visite guidée de la fabrique de thé, puis direction la boutique mais nous n'achèterons rien, le thé est vraiment hors de prix. Et nous avons bien fait car après dégustation, il n'est pas terrible le thé des Cameron Highlands. Ce n'est pas grave, la vue sur les plantations à perte de vue rattrape largement son goût. Il faut faire vite, nous n'avons le droit qu'à une heure ! Le chauffeur de taxi nous attend déjà pour repartir. Nous finissons par une ballade au milieu de la plantation pour admirer les théiers de plus près. Au bout du chemin, notre chauffeur nous attend et nous voilà déjà repartis pour Tanah Rata.
 
1G. Wittkop, Carnets d'Asie, Ed. Verticales, 2010
 



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